Béton armé : principes, armatures et calcul, le vrai mode d'emploi terrain
Sur les chantiers que j'ai suivis ces vingt dernières années, du logement collectif en région parisienne aux ouvrages d'art en bord de mer, le béton armé reste la colonne vertébrale de 80 % de ce qu'on construit. Pourtant, je vois encore trop d'erreurs simples qui coûtent cher : enrobages mal respectés, recouvrements trop courts, calculs d'armatures mal calés sur la réalité du coulage. Une reprise de ferraillage après coulage, c'est entre 4 000 et 25 000 € selon l'ampleur, sans compter le retard de planning. Dans cet article, je vous donne la méthode que j'applique pour fiabiliser une structure en béton armé : les principes mécaniques, le choix des armatures, le calcul Eurocode 2, les erreurs à éviter, et un cas concret sur un voile de soubassement.
1. Définition : ce que fait vraiment le béton armé
Le béton armé, c'est l'association de deux matériaux complémentaires : le béton, qui résiste très bien à la compression (typiquement 25 à 50 MPa), et l'acier, qui reprend la traction (limite élastique 500 MPa pour les nuances B500B courantes). Le béton seul casse en traction à environ 2,5 à 4 MPa, soit dix fois moins qu'en compression. C'est là que les armatures entrent en jeu.
Le génie du béton armé tient à trois propriétés physiques que j'explique toujours en formation :
- Adhérence acier-béton : les nervures des barres HA